Research

My PhD project, currently titled Double modals in dialects of English: a cognitive, triangulated approach to variation in syntax using Construction Grammar (CxG) deals with multiple modals in (British and American) English as a case study of rare syntactic variation. Below is the summary in French of my PhD proposal (June 2019).
Due to the progressive nature of this project, the title as well as the contents are still provisional.

An English summary of these interests was presented at the annual meeting of the Linguistic Society of Europe (SLE, August 2019) in Leipzig. Here are the slides.

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Projet de recherche pour candidature à un contrat doctoral 2019–2020, Ecole Doctorale Sciences du Langage (Paris) 132.

Cameron Morin, sous la direction d’Agnès Celle (Paris) et Graeme Trousdale (Edinburgh).

Parmi les membres projetés du comité de suivi : Patrick Caudal (Paris-Diderot, interne) ; Ilse Depraetere (Lille, externe).

Titre provisoire: Multiple modals in English: a cognitive and formal approach to syntactic variation and change.

Introduction

            La modalité multiple en anglais couvre une série de phénomènes syntaxiques notoires, mais paradoxalement peu documentés et analysés, qui ont lieu en particulier dans des variétés non-standards parlées au sud des Etats-Unis (entre autres Butters 1973; Di Paolo 1986; Nagle 1994), les Lowlands de l’Ecosse (Brown 1991; Bour 2014), certaines régions au nord de l’Angleterre (Beal 2004) et potentiellement les comtés d’Irlande du Nord où se parle encore le « Scots d’Ulster » (Corrigan 2011). La modalité multiple est prototypiquement réalisée sous la forme du double modal (1a-1b), mais il existe aussi des combinaisons où se succèdent « un semi-modal + un modal » (ou l’inverse, 1c-1d) voire même « trois modaux » (1f).


1a. You will can enjoy your holiday now, I’m sure.            
1b. He might could help you tomorrow.
1c. You have to can drive to get this job.
1d. It shouldn’t ought to take us very long.     
1f. He may might can muck the byre.

            La nette périphérie des modaux multiples au sein des études linguistiques de la modalité en anglais peut s’expliquer par le fait qu’en tant que faits de langue oraux et basilectaux, ils présentent des difficultés palpables du point de vue de la collecte de données empiriques à leur sujet, notamment sous la forme d’énoncés générés naturellement. Pourtant, la modalité multiple pose un certain nombre de problèmes théoriques majeurs, le premier étant sans doute celui de sa structure syntaxique précise: s’il ne peut y avoir qu’un constituant porteur du temps grammatical dans une proposition à un mode personnel, où se trouve le « vrai » modal dans ces séquences, et de quelle nature exacte est l’élément qui l’accompagne, en dépit de leur isomorphie à un verbe ou auxiliaire modal? Ce problème spécifique a été brièvement étudié, et à peine résolu, dans le cadre des dialectes du sud des Etats-Unis (Battistella 1995; Nagle 1997; Elsman & Dubinsky 2009; Hasty 2012). Par ailleurs, les recherches sur ce sujet dans le cadre des îles britanniques n’ont été lancées que récemment, et ont suggéré par exemple que le système des modaux multiples en Scots est syntaxiquement différent de celui du système américain. A ce jour, l’écrasante majorité des études sur les modaux multiples sont appliquées à des variétés spécifiques de l’anglais vues comme isolées les unes des autres.            
            Le présent projet de recherche doctorale vise à dépasser cet état des lieux et édifier une théorie unifiée des modaux multiples en anglais. Il apparaît, suite à une lecture attentive de la littérature disponible, ainsi qu’à une récente collecte de jugements d’acceptabilité et d’élicitation de manipulations syntaxiques (en particulier la négation et l’interrogation) par le présent auteur à Hawick dans le cadre du M2 (2018), que le statut de vrai modal dans les doubles modaux est de fait indécidable dans des structures de surface de type assertif. Ceci a conduit, toujours dans le cadre du M2, à l’hypothèse d’un choix énonciatif en situation sélectionnant l’un des éléments comme vrai modal et recatégorisant l’autre sous forme d’adverbe (partant de l’hypothèse suggérée par Battistella 1995). Si cette piste semble cohérente, l’auteur souhaite dans le présent projet de recherche, aller beaucoup plus loin et construire une véritable théorie de la modalité multiple en anglais, cognitivement plausible et formellement explicite, ainsi que nourrie et informée par les progrès de ces dernières années en syntaxe dialectale. Il est espéré que les résultats de ce projet puissent également servir de support aux prochaines avancées en théorie syntaxique mise en rapport avec la linguistique variationniste et historique. Par ailleurs, pour les intérêts sémantiques et pragmatiques qui émergeront en parallèle, le projet s’appuie sur la récente synthèse au sujet de la modalité et du mode fournie par Nuyts & van der Auwera (2018), actuellement en cours de recension par l’auteur.        
            Notre projet de recherche se fixe trois objectifs principaux décrits dans les paragraphes qui suivent.           

1. Edifier une méthode combinatoire ouvrant des perspectives quantitatives et qualitatives sur la modalité multiple d’un point de vue synchronique.

            Le plus grand défi posé par une étude approfondie de la modalité multiple en anglais est celui de la récolte de données empiriques. De fait, il semble qu’il y ait une grande pauvreté d’occurrences de modaux multiples dans les corpus classiques (le BNC, COCA ou même les corpus de Scots disponibles au Angus McIntosh Centre for Historical Linguistics d’Edimbourg – AMC). Il s’agira dans un premier temps, dès le début de l’étude, de compiler une nouvelle base de données centrée sur les énoncés déjà disponibles qui contiennent des modaux multiples avec leurs métadonnées. Pour ce faire, il faudra examiner les corpus existants des variétés d’anglais concernées (britanniques et américaines) pour récolter chaque occurrence qui s’y trouverait. Par exemple, le corpus anglais TenTen de SketchEngine semble en contenir une quantité non négligeable, ce qui suggère une survivance des modaux multiples à l’ère digitale. En revanche, il est probable que la recherche sur corpus ne suffise pas et doive être complétée par l’intégration des modaux multiples récoltés par élicitation, ce qui constitue une source essentielle utilisée dans presque toutes les publications sur la modalité multiple. Un point de départ précieux est la base informatisée MultiMo, mise en place par Michael Montgomery et Paul Reed, qui centralise l’essentiel des connaissances actuelles sur les modaux multiples. Il s’agira de parfaire cette initiative, en y rajoutant en particulier les résultats du projet du Scots Syntax Atlas, qui seront publiés à la fin de l’année 2019 ; la coordinatrice de l’Atlas, Jennifer Smith (Université de Glasgow), a donné son accord et soutien pour une collaboration autour d’une étude spécifique sur les modaux multiples.       
            Ce premier objectif se doit d’être étayé par un travail original de linguistique de terrain. Dans le cadre du M2, il avait été mis en place un protocole expérimental d’élicitation de données sur les modaux multiples dans leurs variantes Scots, par le biais d’un questionnaire, suivant les présupposés théoriques de l’école des folk linguistics (Niedzielski & Preston 2000). Si les résultats se sont avérés probants, les limites de temps et de budget qui sont ceux d’un projet M2 rendent nécessaire l’édification d’un nouveau protocole mieux ciblé, plus efficace et surtout bien abouti du point de vue de la méthode. Suite à la lecture d’un ouvrage récent sur les méthodes de recherche en variation et changement linguistique (Krug & Schlüter 2013), nous proposons le protocole de terrain suivant : une observation participative d’au moins trois semaines par lieu (Schreier 2013), impliquant la distribution de questionnaires structurés lors d’entretiens qualitatifs enregistrés d’au moins une demi-heure (Krug & Sell 2013). Ce protocole composite et conçu spécialement pour nos besoins est en accord avec la recherche actuelle dans ces domaines, qui conseille l’emploi combiné de plusieurs sources et méthodes (Rosenbach 2013), notamment l’association d’approches quantitatives et qualitatives, que nous souhaitons appliquer sur l’ensemble de nos sources, y compris les corpus. L’élaboration de ce protocole tire également parti des méthodes de recherche en typologie linguistique (Lahaussois & Vuillermet 2019), qui soulignent l’importance de la recherche de terrain ainsi que du questionnaire pour l’exploration de faits de langue périphériques et peu documentés. Aux côtés du questionnaire, la mise en place d’expériences de production sera également envisagée. Enfin, ce projet de terrain pourra bénéficier scientifiquement et financièrement du projet MEQTAME au Labex EFL, dirigé par Patrick Caudal et Benoit Crabbé et dont le lancement est prévu d’ici 2020.  
            En vue de l’application de ce protocole expérimental, il sera souhaitable de fixer trois ou quatre localisations-clés pour conduire les collectes de données. Grâce au séjour de recherche que permet l’accord de co-direction avec l’université d’Edimbourg, il sera possible par exemple de conduire trois recherches de terrain en Angleterre, en Ecosse et en Irlande dans les régions où les modaux multiples ont été attestés ou suggérés par la littérature. Un voyage similaire aux Etats-Unis serait idéal pour compléter la collecte, mais cela est soumis aux contraintes de temps et de budget qui ont trait aux projets de recherche doctorale habituels.       

2. Elucider, sinon mieux poser, le problème syntaxique de la modalité multiple dans le cadre d’une théorie cognitivement plausible, avec de possibles interfaces formelles.       

            Parmi les problèmes théoriques posés par les phénomènes réunis sous l’étiquette de « modalité multiple », celle de la syntaxe verbale dans ces séquences semble absolument prioritaire. Le mémoire du M2 avait pour objectif de faire le bilan sur les doubles modaux en Scots et d’explorer divers enjeux sémantiques et pragmatiques en complément des enjeux syntaxiques. Dans le présent projet, nous souhaiterions nous concentrer sur la syntaxe, tout en restant ouvert à des questions différentes qui émergeraient au cours du travail; elles pourront faire l’objet de projets secondaires sous forme de propositions d’articles. Par exemple, je prépare actuellement un projet de communication qui consiste en une analyse sémantique des modaux multiples et de la manière dont l’ordre rigide Epistémique + Radical gouvernant leur structure alimente à partir d’un dialecte la théorie d’une iconicité énonciative-référentielle, trouvée par ailleurs au sein des périphrases d’auxiliaires, des adjectifs et des adverbes en anglais standard.
            Il paraît d’emblée très probable que le terme « modaux multiples » (multiple modals) est trompeur, et qu’il ne s’agit pas de séquences de plusieurs verbes conjugués dans une même proposition; postuler l’existence de variétés d’anglais qui dérogeraient à la règle fondamentale en anglais du one tensed verb per clause semble au mieux douteuse. Partant, l’enjeu est de précisément décrire les mécanismes de délimitation du vrai modal dans les modaux multiples, la nature syntaxique du constituant qui ne reçoit pas ce statut, et de formaliser ces mécanismes en principe théorique qui puissent expliquer de manière convaincante ce phénomène dialectal intrigant.         
            Pour que cette analyse théorique soit pertinente, il semble important d’ancrer l’étude dans un cadre théorique précis, à la pointe des dernières avancées en linguistique théorique, notamment en théorie syntaxique informée par l’étude des variations et des changements. Le projet du M2 laissait peu de temps pour ce travail de cadrage. Contrairement aux quelques études antérieures sur les modaux multiples qui se fondaient sur des modèles génératifs, nous proposons d’adopter une approche constructionnelle, au sens large dans un premier temps (Goldberg 2013 ; Hoffmann & Trousdale 2013) pour examiner en quelle mesure la modalité multiple est une construction complexe autant au niveau supérieur de la syntaxe (Hoffmann 2013) que celui de l’idiome et du mot (Wulff 2013). En particulier, nous souhaiterions mesurer le degré de substantivité ou de schématicité de cette supposée construction, ce qui impliquera de déterminer son niveau de productivité. Suite à des recherches préliminaires, nous choisirons un modèle spécifique de grammaire de construction et chercherons à situer la modalité multiple au sein du réseau constructionnel de l’anglais, tout en gardant à l’esprit l’importance de sa localisation dans un modèle constructionnel de variation dialectale et sociolinguistique (Ostman & Trousdale 2013). Nous justifions le choix de l’approche constructionniste par son principe de plausibilité cognitive, tout en gardant notre cadre ouvert à des interfaçages avec d’autres modèles théoriques, proches de la CxG (tels que la Sign-Based Construction Grammar, SBCxG) voire des modèles différents mais pas incompatibles de syntaxe formelle et de sémantique formelle.  
            La proximité avec l’université d’Edimbourg, mais aussi l’université de Glasgow qui accueille le projet du Scots Syntax Atlas, permettra par le biais d’un séjour de recherche de plusieurs mois de fréquenter de nombreux spécialistes de ces sujets, en plus de ceux déjà présents ici à l’ED 132.      

3. Etayer la théorie cognitive et formelle des modaux multiples par une nouvelle enquête sur leur diachronie, en particulier leur origine et leur distribution.      

            Il est probable qu’une analyse cognitive et formelle convaincante des modaux multiples en anglais doive compléter une approche synchronique d’une approche diachronique. Une étude historique des modaux multiples a été maintes fois désirée dans la littérature, mais elle n’a jamais fait l’objet d’une étude poussée. Le présent projet souhaiterait remédier à cela, d’autant qu’une diachronie cognitivement ancrée de la modalité multiple ne peut que solidifier l’approche synchronique proposée, à l’aide d’outils analytiques tels que le changement constructionnel et la grammaticalisation (Fried 2013). Par ailleurs, une étude diachronique pourrait ouvrir un angle particulier sur les connaissances que nous avons de l’évolution du système des auxiliaires modaux en anglais à travers le temps ; elle pourrait plus largement contribuer à localiser la modalité au sein du réseau constructionnel de l’anglais, ce qui a été peu exploré dans la littérature (Cappelle & Depraetere 2016) . Deux pistes ont été récemment suggérées qu’il s’agira de confirmer, infirmer ou corriger: les modaux multiples seraient peut-être le fruit d’une transition de catégorie interne à l’anglais du verbe lexical à l’auxiliaire, ou bien d’une importation acquise dans les variétés d’anglo-scandinave à partir du 12e siècle au nord de l’Angleterre puis en Ecosse. Ces hypothèses reposent sur le présupposé que la modalité multiple est un fait de langue qui s’est distribué à travers le temps, de l’Ecosse et du nord de l’Angleterre au nord de l’Irlande, puis aux Etats-Unis (Montgomery & Nagle 1993). Si cette piste est précieuse, il faudra garder à l’esprit la possibilité que la modalité multiple puisse aussi être un phénomène qui émerge de manière indépendante dans une variété d’anglais en vertu de possibilités grammaticales périphériques.

            Une étude diachronique de la modalité multiple à l’aide de plusieurs analyses de corpus (nous commencerions à partir des corpus de Helsinki et de vieux Scots au Angus McIntosh Centre) sera peut-être confrontée aux mêmes difficultés que pour l’étude synchronique, à savoir qu’il est difficile de collecter des données empiriques sur ces phénomènes syntaxiques marginaux. En revanche, étant donné que la dernière vraie tentative remonte à 1993 (Montgomery & Nagle), et au vu des avancées rapides dans les moyens et les résultats de la recherche en syntaxe diachronique, il semble souhaitable de consacrer une partie significative du présent projet à une diachronie des modaux multiples, pour elle-même autant qu’en complément d’une analyse synchronique informée par les théories cognitives actuelles. Par exemple, à partir de l’étude de plusieurs variétés linguistiques présentes à certains stades évolutifs de l’anglais, nous pourrions élaborer une méthode comparative en vue d’une reconstruction syntaxique, qui est justement une possibilité ouverte par les grammaires de construction (Barddal 2013). A nouveau, la possibilité de communiquer avec plusieurs spécialistes à l’université d’Edimbourg (par exemple Linda van Bergen et Rhona Alcorn) sera précieuse.


Calendrier suggéré  

1ere année: lectures théoriques fournies et édification d’une hypothèse constructionnelle provisoire de la modalité multiple à partir des résultats du M2. Compilation d’une banque de données comprenant toutes les occurrences documentées de modaux multiples générés naturellement ou par élicitation avec leurs métadonnées. Finition des méthodes synchroniques et diachroniques. Colloques (notamment SLE en août et BICLCE en septembre 2019, en présence de Graeme Trousdale) pour diffuser le travail et rencontrer des chercheurs. Mission de terrain (1 semaine) dans un lieu choisi en Grande-Bretagne. Esquisse de plan détaillé pour la rédaction.

2e année: Organisation d’un travail de terrain poussé à des localisations clés de l’Ecosse, l’Irlande, du nord de l’Angleterre et du sud des Etats-Unis, notamment encadré par le projet MEQTAME du Labex EFL. La durée idéale de chaque séjour sera de 3 à 4 semaines. Suite au terrain, analyse théorique poussée des modaux multiples en synchronie et en diachronie.         

3e année: Séjour de recherche à l’université d’Edimbourg sous la direction de Graeme Trousdale (3 mois au minimum).  Présentation d’une sélection de résultats sous forme écrite et orale, ajustements et préparation de la rédaction, deuxième moitié de l’année dédiée à la rédaction.   

Références


–Battistella, Edwin L. 1995. The Syntax of Double Modal Constructions. Linguistica Atlantica 17, 19–44
–Barddal, Johanna. 2013. Construction-based historical comparative reconstruction. 438–457.

–Beal, Joan 2004. English Dialects in the North of England: Morphology and Syntax. In Kortmann, Bernd and Schneider, Edgar (eds.), A Handbook of Varieties of English. Volume 2: Morphology and Syntax, Berlin: Mouton de Gruyter, 114-141.
–Bour, Anthony. 2014. Description of Multiple Modality in Contemporary Scotland: Double and Triple Modals in the Scottish Borders. Albert-Ludwigs-Universität-Freiburg.
–Brown, Keith. 1991. Double modals in Hawick Scots. In Trudgill & Chambers (eds.), Dialects of English, London and New York: Longman, 74–103.
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